Le premier royaume laotien fut fondé en 1353 avec Luang Prabang comme capitale. Jusqu’au 18eme siècle, le royaume du Laos se développa malgré les guerres et les conflits avec ses voisins (Thaïlande, Chine, Empire Khmer, Vietnam). Cependant, en 1779, le royaume de Siam (la Thaïlande) s’empara du Laos. Au même moment, une nouvelle force s’installait dans la région : la France. Le Vietnam et le Cambodge déjà acquis par la France, le Siam commençait à s’inquiéter de ce nouvel envahisseur. En 1893, le Siam mis le feu à la ville royale de Luang Prabang au Laos. Le roi dut s’enfuir et rencontra un explorateur français qui lui offrit la protection de la France. La France envoya alors des navires de guerre à Bangkok (capitale du royaume de Siam) et braqua les canons des navires sur le palais royal en déclarant que toute la zone à l’est du Mékong (l’actuel Laos) serait désormais française ! Le Laos devint alors français, tout comme le Vietnam et le Cambodge : l’Indochine française.
Ce fut alors le début de l’ère française. Le mode de vie, l’administration et les services à la française se mirent doucement en place dans le pays, sans trop de réticences de la part des laotiens. Les Français avaient l’intention de développer l’économie du pays via la culture du riz, la construction de routes et le commerce. Mais le Laos fut toujours un poids dans l’économie de l’Indochine française. Les Français utilisaient une phrase qui résumait la situation : « Les Vietnamiens plantent le riz, les Cambodgiens le regardent pousser et les Laotiens l’écoutent pousser ! ». Bref, difficile de mettre les Laotiens au travail ! Malgré cela, les Français appréciaient la vie laotienne, et les Laotiens considéraient beaucoup les Français comme des protecteurs. En 1940, il n’y avait que 600 Français au Laos mais le Laos restait bel et bien français.
Puis la seconde guerre mondiale arriva. Le Laos fut envahi par les Japonais et en 1945, les Japonais redonnèrent au roi du Laos les pleins pouvoirs. Cependant, le roi, apeuré par ses voisins, demanda à la France de revenir gérer le pays ! La France revint donc mais à partir de 1949 les relations entre la France et le Vietnam et le reste l’Indochine se dégradèrent et la première guerre d’Indochine éclata. Vaincue, la France abandonna l’Indochine et redonna l’indépendance complète au Laos en 1953.
Des périodes de troubles politiques suivirent. Le c.o.m.m.u.n.i.s.m.e* (si nous écrivons ce mot comme cela, c’est pour que le gouvernement c.o.m.m.u.n.i.s.t.e vietnamien ne repère pas ce site) s’installa peu à peu. La seconde guerre d’Indochine éclata entre le Vietnam et les Etats-Unis. Le Laos s’était déclaré neutre mais ni les Vietnamiens ni les Américains ne se sont gênés pour utiliser le Laos comme champ de bataille. Le Laos fut le pays le plus bombardé du monde !!! (Voir article sur Phonsavan) En 1975, la monarchie* fut abolie, le parti c.o.m.m.u.n.i.s.t.e prit le pouvoir. Ce fut alors le début de longues années d’isolement. Aujourd’hui le pays est toujours sous le contrôle d’un seul parti politique, cependant il s’ouvre de plus en plus au monde.
Contexte politique
Le Laos est une république* à parti unique, c’est-à-dire que le seul parti autorisé est le parti c.o.m.m.u.n.i.s.t.e. Malgré toutes les institutions démocratiques (tribunaux, parlement, assemblée, police…), tout est décidé par le parti et aucune protestation n’est admise. L’actuel président et son prédécesseur sont tous les deux d’anciens militaires. Lorsqu’on est au Laos, on voit des drapeaux avec la faucille et le marteau partout mais on a aussi l’impression que c’est tout ce qu’il reste du c.o.m.m.u.n.i.s.m.e. Beaucoup de gens s’enrichissent énormément, la corruption est très présente mais il y a aussi une grande partie de la population qui est très pauvre. On a l’impression que le modèle démocratique n’est qu’une façade qui cache la dictature* d’un parti unique au pouvoir absolu et que le c.o.m.m.u.n.i.s.m.e est une façade dissimulant les militaires au pouvoir plutôt capitaliste* qui s’enrichissent sur le dos du peuple.
Contexte économique
Après des années d’isolement, le Laos a enfin décidé de s’ouvrir sur le monde. Du coup, beaucoup de gens s’enrichissent dans le pays mais il y a aussi d’énormes problèmes. Au Laos, selon que l’on soit en ville ou dans un village, on a l’impression d’être dans deux pays différents ! En ville, les gens sont riches : immenses maisons, belles voitures, grandes télés, portable, climatisation… Dans la campagne, la plupart des gens n’ont aucun salaire et vivent de ce qu’ils produisent : riz, bananes, petit élevage, cueillettes, pêche et chasse…
Le Laos ne produit rien. Tout vient de Thaïlande ! Résultat, les salaires des gens des villes ont été augmentés pour qu’ils puissent s’acheter des produits thaïlandais et du coup les gens des campagnes ne peuvent plus du tout s’acheter des produits de la ville !
Le gouvernement ne cesse de dire qu’il veut réduire la pauvreté mais la réalité est bien décevante. Le tourisme est une grande source de richesses pour le pays (c’est le pays le plus cher que nous ayons traversé pour l’instant et les prix des sites touristiques sont extrêmement élevés pour un pays d’Asie du Sud-Est) mais cet argent ne revient qu’aux gens les plus riches. Le Laos vend du bois à la Chine et déforeste à une cadence infernale ce qui prive les habitants des forêts de leurs sources de nourritures ! Enfin, les voisins du Laos ayant un grand besoin d’électricité, le Laos s’est mis à construire des barrages pour en revendre. Mais pas juste quelques uns ! Une trentaine ! Ceci cause l’inondation de vallées entières, forçant des dizaines de villages à fuir pour s’installer sur des terres moins bonnes. A terme, les rivières seront asséchées ! Et bien sûr, à chaque fois, ce ne sont pas les plus pauvres qui récoltent l’argent de ces grands projets qui les pénalisent !!! La situation du Laos est honteuse !!! Quand on sait qu’en plus, un tiers de l’argent du pays vient de dons de l’étranger et que cet argent est gaspillé et semble aller dans la poche des gens au pouvoir…
Au Laos, les bâtiments du gouvernement sont magnifiques, les maisons des villes sont de vrais palais, les bus sont luxueux, il y a des belles voitures… Mais encore une fois, ce n’est qu’une façade ! Les gens des campagnes sont cachés et oubliés, l’argent donné par les pays étrangers ne serrent pas améliorer les conditions de vie des plus pauvres. En ville, on s’amuse bien, on boit de la bière et tout est beau mais, au Laos, l’espérance de vie est de moins de 60 ans, il n’y a quasiment pas de médecins, d’hôpitaux et d’universités, les écoles sont dans un état lamentable et des gens vivent encore comme au moyen-âge ! Mais les laotiens se taisent et le monde ferme les yeux…
Droits de l’homme et libertés
En voyageant au Laos, on s’est vite rendu compte qu’il y avait quelque chose qui n’allait pas dans ce pays. Malgré l’ouverture du Laos à l’international, il existe comme une pression exercée sur la population. Les gens semblent tous penser pareil, ne se rebellent pas, ne s’expriment pas… Nous avons, difficilement, trouvé des informations sur la face cachée du Laos, voici quelques éléments qui vous donneront une idée de l’ambiance qui règne dans ce pays :
- Les citoyens laotiens n’ont pas le droit de changer leur gouvernement. Ils n’ont pas le droit de manifester et de critiquer le gouvernement ou le c.o.m.m.u.n.i.s.m.e. Aucun autre parti politique n’est autorisé.
- Le système de délateurs officiels existe toujours. Toute personne pouvant avoir des idées ou des actes contraires aux principes du gouvernement peut être dénoncée à tout moment.
- Un laotien peut être emprisonné n’importe quand, sans raisons. De plus, la justice est corrompue et très influençable.
- La pratique de la torture envers les « rebelles » politiques est encore utilisée bien qu’officiellement interdite.
- La liberté de culte n’est pas garantie. Beaucoup de minorités religieuses (surtout les chrétiens) sont persécutés.
- La religion officielle est le bouddhisme. Celle-ci est contrôlée par l’Etat. Le gouvernement exige « que les moines étudient le marxisme-léninisme, envoient des rapports hebdomadaires au ministre de l’intérieur, obéissent aux directives du Parti de l’État et enseignent un bouddhisme validé par le gouvernement ». Toutes ces restrictions donnent plus de pouvoir aux politiques, car, depuis 1975, le gouvernement c.o.m.m.u.n.i.s.t.e fait passer certaines de ces idées par la religion bouddhiste pour que le peuple les accepte mieux.
- Dans les écoles, l’enseignement doit être fait uniquement en laotien alors que 40% de la population ne parle pas cette langue (chaque ethnie a sa propre langue).
- La presse est contrôlée par le gouvernement, tout comme la radio et le journal télévisé. De même, certains sites internet sont bloqués.Pour être journaliste, il faut obtenir une autorisation du ministère de l’Information et de la Culture. Les journalistes étrangers sont surveillés et ont de la difficulté à faire leur travail. Des peines d’emprisonnement sont possibles pour « diffuser de l’information qui affaiblit l’État » ou pour importer des « publications contraires à la culture nationale ».
- Les chansons, les clips vidéo et les films doivent être validés par le gouvernement qui fera des modifications s’il le souhaite.
- L’ethnie Hmong est encore persécutée pour avoir aidé les américains pendant la guerre et pour être anti-c.o.m.m.u.n.i.s.t.e. Aujourd’hui, la plupart des Hmongs vit cachée dans la jungle et vit comme des nomades. L’armée laotienne est accusée de vouloir exterminer ce peuple en assiégeant et en affamant des villages et en attaquant des groupes isolés !
Le pays n’est pas rempli de militaires et de policiers qui surveillent la population. C’est beaucoup plus subtil que cela. Les gens qui vous surveillent peuvent être des voisins, des petits commerçants… Il règne alors dans ce pays une réelle pensée unique, personne n’osera trop parler de problèmes. Les gens se comportent un peu comme les moutons d’un troupeau mais ils ne vivent pas forcément dans la peur ! Pour beaucoup, cette vie est normale et ils ne se posent pas de questions sur leurs droits et leurs libertés. On devine alors que l’éducation au Laos est aussi très contrôlée et surveillée par le gouvernement…
Education
Le système scolaire laotien est constitué comme ceci :
- 3 ans d’école maternelle
- 5 ans d’école primaire
- 4 ans de collège
- 3 ans de lycée
- puis l’université
Cependant, l’école n’est obligatoire que jusqu’à la fin du primaire et il n’y a qu’une seule université pour tout le pays, à Vientiane. De même, il y a peu de collèges et encore moins de lycées. Les années passées à l’école sont donc souvent peu nombreuses.
En général, les enfants étudient de 8h à 11h30 et de 13h30 à 16h. Ils rentrent déjeuner chez eux car il n’y a pas de cantine à l’école. Ils ont deux récréations (une le matin et une l’après-midi) de 20 minutes chacune. Ils travaillent tous les jours de la semaine sauf le samedi et le dimanche, comme en France. Les enfants étudient les maths, le français ou l’anglais, l’histoire et la géographie, le laotien et les sciences. Les livres sont fournis par le gouvernement laotien mais ce sont les enfants qui doivent ramener leurs cahiers et leurs crayons ainsi que leur uniforme. L’uniforme est obligatoire mais une simple chemise blanche suffit pour avoir la permission d’aller à l’école.
Au Laos, chaque village dispose de sa propre petite école primaire. Nous avons été extrêmement surpris par le nombre d’écoles primaires dans ce pays mais aussi par leur état souvent lamentable… ! Dans les zones les plus reculées, il arrive tout de même qu’il n’y ait pas d’écoles et les enfants doivent donc aller dans d’autres villages.
Pour les laotiens, l’éducation n’est pas encore une priorité. Lire, écrire et compter suffisent. Ils pensent que le reste, c’est du bonus qui ne sert pas à grand-chose pour travailler dans les champs ou tenir une boutique. Mais il y a des progrès : le gouvernement a rendu l’école primaire obligatoire et construit de plus en plus d’écoles. Certains enfants ne vont toujours pas à l’école mais ce n’est vraiment pas la majorité. C’est toujours impressionnant de voir au petit matin tous les élèves (à pieds ou à vélo) remplissant les rues pour aller à l’école.
Nous nous sommes quand même posé la question de la qualité de l’enseignement qui est dispensé au Laos. En effet, dans ce pays, le gouvernement contrôle et surveille tout. Nous nous doutons donc bien que les professeurs n’enseignent que des choses en accord avec le parti au pouvoir. Ici, on demande plus aux élèves d’apprendre par cœur plutôt que de réfléchir par soi-même et cela se ressent chez les adultes...
Reliefs et climats
Le Laos est composé à 70% de montagnes et de plateaux. Le Mékong traverse tout le pays à l’ouest dans sa longueur, créant ainsi quelques plaines fertiles. A l’est, une chaine de montagne appelée la cordillère annamitique forme la frontière avec le Vietnam. Le point culminant est à 2820 m d’altitude. Il faut aussi noter que le Laos est le seul pays d’Asie du Sud-Est qui n’a pas d’accès à la mer. Le relief de ce pays rend la circulation difficile surtout que la construction des routes n’est pas très avancée. Le pays est parcouru par de nombreuses rivières et comprend de nombreuses cascades et grottes, qui font sa réputation.
Le climat du Laos est tropical, c'est-à-dire chaud et souvent humide. Il y a deux saisons : la saison sèche d’octobre à avril et la saison des pluies (mousson) de mai à septembre. Le mois d’avril est le plus chaud !
Faune et flore
Le Laos était surnommé le pays avec un million d’éléphants ! Aujourd’hui, il ne reste que 2000 éléphants dont seulement 800 à l’état sauvage. Cependant, le Laos est l’un des pays où il y a le plus d’éléphants d’Asie. On retrouve au Laos toutes les espèces animales tropicales classiques : singes, serpents, insectes venimeux (scorpions, araignées), petits cerfs, ours… Etant donné que la population du Laos est très faible, les animaux sont relativement tranquilles. Mais cet équilibre risque de changer à cause de la déforestation et de la chasse…
Alcool fait a base de serpents et d'insectes des environs
Concernant la flore, elle est typiquement tropicale. Le Laos est recouvert de forêt à plus de 50%. Cette forêt est une vraie jungle avec d’immenses arbres, de gigantesques bambous, des plantes grimpantes, de magnifiques fleurs… La jungle est si dense par endroit qu’elle est pratiquement infranchissable ! Pour la plupart des laotiens vivant dans les campagnes, la forêt est une source de nourriture indispensable : fruits, légumes, racines, noix, etc.
Fleur tropicale
Ecologie et environnement
Le Laos est l’un des pays d’Asie où la nature est la mieux préservée mais ce n’est pas forcément grâce à la bonne volonté des habitants. Nous avons constaté que les Laotiens ont de très mauvaises habitudes : jeter les sacs plastiques et les bouteilles en pleine nature, gaspiller l’électricité, ne jamais couper les moteurs des bus, utiliser des emballages plastiques pour tout et n’importe quoi… En fait, si les Laotiens étaient aussi nombreux que les Indiens, le pays ressemblerait certainement à une gigantesque poubelle !!! Heureusement que les Laotiens sont peu nombreux !
Une decharge sauvage en pleine campagne
Cependant certains problèmes apparaissent peu à peu. En construisant des barrages sans se soucier des conséquences sur la nature, le Laos risque de mettre en danger de nombreuses espèces animales vivant dans les forêts (qui seront alors inondées) et de diminuer le nombre de poissons vivant dans le Mékong (qui nourrit 50 millions de personne dans 6 pays différents !). La construction de ces barrages est donc vivement critiquée à travers le monde pour les catastrophes que cela amènera tôt au tard ! Cela n’empêche pas le gouvernement du Laos et des entreprises peu scrupuleuses, dont Electricité de France, de continuer ces projets irresponsables pour s’enrichir…
Le deuxième problème est la déforestation. Les forêts du Laos sont abattues à un rythme infernal ! Partout nous avons vu des montagnes entières sans aucun arbre restant, des montagnes noircies par les feux pour brûler les souches. Le Laos veut de l’argent et il est prêt à tout et surtout n’importe quoi pour en avoir ! Tout ce bois part en grand partie en Chine qui préfère abattre les forêts du voisin plutôt que les siennes ! La faune et la flore sont très menacées par cette déforestation. De plus, cela prive les villageois des alentours des ressources de chasse et de cueillettes qui les faisaient vivre !
La foret est peu a peu grignotee...
Le Laos est un pays encore magnifique mais si les gens ne prennent pas conscience que leurs mauvaises habitudes mettent en péril ce joyaux et si le gouvernement ne cesse pas ses grands projets désastreux pour la nature et la population, tout pourrait bientôt disparaître !
Habitat
Comme il y a peu d’habitants au Laos, il y a de la place et, que l’on soit en ville ou en campagne, les maisons sont toujours assez grandes. Les immeubles sont assez rares (sauf à Vientiane et dans les plus grandes villes), les gens aiment avoir leur propre maison et leur petit jardin, même en ville. Cependant, il existe une grande différence entre les maisons des villes et celles des campagnes. Plus on s’éloigne de la ville, plus les maisons sont rudimentaires.
En ville on voit souvent de grandes maisons, parfois anciennes et assez jolies. Ce sont d’ailleurs souvent des maisons coloniales datant de l’époque française. Les maisons sont bien équipées : ventilateurs ou climatisation, portail, fenêtres avec vitres et volets, carrelage, garage, télévision, frigidaire, micro-onde… La majorité des gens des villes est riche et vit dans le même confort que l’on connaît en Occident.
En ville
Maison coloniale
En banlieue des villes, on trouve un mélange entre vieilles maisons de bois et nouvelles maisons de béton, immenses, de vrais palais !
Immense maison
Maison en bois dans la campagne
Puis, dans la campagne, loin des villes, on change de pays. Dans le meilleur des cas, les maisons sont faites avec des planches et un toit en tôle mais le plus souvent les murs sont en bambous tissés et le toit en pailles. Même si l’électricité arrive peu à peu dans les campagnes reculées, le confort est très limité : pas de frigidaire, cuisine au feu de bois, pas de meubles, pas d’eau courante…
Maison en bambou dans la campagne reculee
Il y a vraiment un écart immense entre les gens des villes (très riches) et ceux des campagnes (très pauvres). Cependant nous avons remarqué des points communs à toutes les maisons : les gens vivent beaucoup au rez-de-chaussée ou sous leur maison (quand elle est surélevée) pour être à l’abri de la chaleur et c’est toujours un énorme bazar à l’intérieur, rien n’est vraiment rangé ni trié.
Vêtements
Les hommes s’habillent à l’occidentale (pantalon, chemise ou T-shirt) et semblent suivre la mode thaïlandaise. Les femmes, elles, continuent à porter la jupe traditionnelle, le « sarong », partout et à tout âge mais elles ont changé leurs hauts traditionnels pour des T-shirts plus à la mode. Il faut aussi noter qu’en ville et chez les jeunes beaucoup de femmes commencent à porter des pantalons et même des shorts. La grande mode du moment en ville est le jean, la chemise à fleur (pour les hommes comme pour les femmes) et les chapeaux de cow-boy pour les femmes !
Etudiante en sarong (jupe) a gauche et jeune femme a la mode a droite
Dans les campagnes les plus reculées (sans routes d’accès), les habits traditionnels sont encore portés et sont différents selon les ethnies.
Habits traditionnels sur un marche de campagne profonde
Coutumes, traditions et modes de vie
Que l’on soit à la ville ou à la campagne, le mode de vie change mais certaines traditions restent. Voici une liste de ce curieux mélange entre modernité des villes et traditions des campagnes :
- Les laotiens sont lents, souvent feignants et ils se contentent de faire le strict minimum. Le plus important est souvent d’avoir du temps libre pour pouvoir s’amuser entre amis !
- Pour se dire bonjour et au revoir, les laotiens disent « Saa bay di », sans forcément joindre les mains devant le menton comme en Thaïlande.
- Les laotiens croient aux esprits. Lorsqu’ils doivent faire quelque chose d’important ils organisent des cérémonies pour s’assurer que les esprits soient avec eux et puissent les aider. Il y a aussi des maisons des esprits mais souvent plus modestes qu’en Thaïlande.
- Les riches laotiens, et ceux qui les imitent, sont assez « bling-bling ». Ils aiment montrer qu’ils ont de l’argent (ou faire croire qu’ils en ont) : grosse voiture, montres dorées, écrans plats, habits à la mode, immenses maisons et superbes portails…
- Lorsque l’on est assis dans un temple bouddhiste, il faut à tout prix éviter de pointer le pied vers la statue du bouddha. De manière générale, c’est très impoli de pointer le pied vers quelqu’un ou de designer quelque chose avec le pied !
- La tête est considérée comme la partie la plus pure du corps et il ne faut pas toucher la tête d’autres personnes. Caresser la tête d’un enfant est très mal vu !
- Les laotiens rient tout le temps, en toutes circonstances : lorsqu’ils sont contents, gênés, fâchés, qu’ils ne savent pas répondre à une question… C’est assez difficile pour un occidental de décrypter le sens du rire de son interlocuteur.
- Il faut se déchausser quand on rentre dans une maison, un temple et même souvent une boutique.
- Les laotiens se copient beaucoup entre eux : mêmes maisons, mêmes habits, toutes les chansons se ressemblent, mêmes menus dans les restaurants, même prix partout (pas de concurrence ni d’esprit de compétition)… Au Laos, il ne faut pas trop attirer l’attention sur soi et essayer se fondre dans la masse.
- Les laotiens sont tous proches de la vie sauvage. Même en ville, les gens aiment aller pêcher leurs poissons pour le diner et ils ont souvent un bout de terrain pour cultiver des légumes.
- Il n’est pas rare de voir des laotiens en pyjama dans la rue dés le soir venu. Pour eux, il n’y a rien de gênant à aller dans un magasin ou un restaurant habillés comme ça !
- Chez les jeunes, les hommes et les femmes sont assez proches, même en public ! La nouvelle génération a des manières différentes de celles de leurs parents.
- La plupart des femmes sont très coquettes : maquillage, ongles longs vernis et décorés, accessoires à la mode, coiffures tendances…
- Les laotiens donneraient tout pour avoir la peau blanche ! Du coup, ils se cachent au maximum du soleil. Les gens qui travaillent dehors portent souvent des vêtements longs, des gants et même des masques et des chaussettes !!! Au Laos, être blanc c’est être beau mais c’est aussi être riche et élevé dans la société.
- Les laotiens aiment partager que ce soit de la nourriture ou un verre d’alcool. Nous avons souvent été invités à rejoindre un groupe faisant la fête.
Cuisine
Le plat national est le « khao niaw », que l’on peut traduire par riz collant ou même boulettes de riz. Pour la majorité des gens c’est le plat indispensable à chaque repas, même au petit déjeuner. De plus, cela n’a pas l’air de gêner les laotiens de manger tous les jours la même chose ! A la campagne on mange donc du riz tous les jours, quelques légumes ou fruits si on en trouve et, si la chasse ou la pêche a été bonne, un peu de viande ou de poisson.
Dans les endroits les plus isolés, les gens ont du mal à faire des cultures et mangent ce qu’ils trouvent : écureuils, reptiles, racines, insectes…
Ecureuils seches
En ville, il y a plus de choix et la cuisine est principalement influencée par les voisins thaïlandais, chinois et vietnamiens même si elle est souvent moins élaborée et moins raffinée. On retrouve la salade de papaye, les salades de viandes froides et épicées, les currys de légumes à la noix de coco et les pâtes sautées pour la Thaïlande. Les soupes de pâtes, les rouleaux de printemps et parfois des nems pour la Chine et le Vietnam.
Le riz en boulettes se mange avec les doigts, le riz à la vapeur avec une cuillère et les soupes de pâtes avec des baguettes et une large cuillère.
Pour assaisonner son plat, on utilise plusieurs sauces : soja, poissons fermentés, crème de crevettes, piments, citrons, et d’autres dont on n’a jamais reconnu le goût ou l’odeur…
La tradition laotienne veut que l’on mange tous ensemble à table, manger tout seul est très inhabituel ! Les plats sont disposés au centre de la table et tout le monde partage !
Arts
Les années de guerre et le régime politique ont fait que depuis longtemps, l’art au Laos a été plus ou moins abandonné. L’art laotien est directement lié à la religion et on demande à un artiste plus de compétences techniques que d’imagination. Il n’y a pas d’écrivains modernes au Laos, les peintres peignent les mêmes peintures que dans les temples, les sculpteurs continuent de sculpter les mêmes statues de Bouddha… En bref, l’art contemporain n’existe pas au Laos, ce qui se comprend lorsqu’on sait que toute revendication ou innovation pourrait être perçue comme une trahison envers le parti au pouvoir !
La chanson évolue cependant. Depuis 2003, la musique moderne (pop, rock, rap) est autorisée au Laos. Il existe aujourd’hui un grand nombre de groupes qui ont beaucoup de succès. Toutes les chansons et les clips doivent être validés par le gouvernement qui peut les modifier. De plus, on a remarqué que presque toutes les chansons avaient le même rythme, comme s’il était imposé…
Sports, loisirs et jeux
Le sport national du Laos est la pétanque, héritée des longues années de colonisation française. Beaucoup de villes et villages possèdent leur terrain de pétanque. Les jeunes semblent être de vrais professionnels et les tournois de pétanque du pays sont retransmis à la télévision ! C’est un sport qui va assez bien avec le tempérament des laotiens : prendre son temps, ne pas trop faire d’efforts et surtout s’amuser entre amis !
L’autre sport le plus pratiqué est le « sepak takraw », comme en Thaïlande. Voici une petite vidéo de ce sport impressionnant :
Un des loisirs principaux des hommes est de boire entre amis. A toute heure, il y a toujours une bonne raison de boire une bière ou du « lao-lao » (le whisky local). Nous avons déjà rencontré des gens qui profitaient de leur week-end pour boire et faire la fête toute la journée… Les laotiens sont de sacrés fêtards !
Encore une fois, les gens regardent énormément la télévision, surtout les programmes thaïlandais. Ils aiment aussi beaucoup écouter de la musique, laotienne et thaïlandaise (personnellement, on n’a pas trop entendu la différence…). Ils ont des énormes sonos qu’ils aiment mettre à fond pour écouter leurs tubes favoris. Dans les villes, les karaokés ont énormément de succès.
Enfin, le jeu favori des enfants, dans tout le pays, est de jouer dans les rivières et les cascades. Ils sautent dans tous les sens et n’ont peur de rien. L’eau est pour eux un véritable terrain de jeu. Nous avons même vu des parties de loup dans l’eau !
Spécialités
Le riz collant servi dans une petite corbeille en bambous.
Les processions de moines bouddhistes le matin.
Le contraste ville/campagne.
Le c.o.m.m.u.n.i.s.m.e.
Le sarong, la jupe traditionnelle laotienne.
La bière « Lao » nationale et le « lao-lao », un alcool de riz.
Le Mékong et ses villages de pêcheurs.
Les routes de montagne très sinueuses.
Les batailles d’eau du Nouvel An.
La musique à fond et la télé allumée, tout le temps !
La pétanque, le sport le plus pratiqué dans le pays.
La lenteur et le rire en toutes circonstances.
Les mots suivis d'une * sont expliqués dans la partie lexique.