L’Histoire de l’Indonésie est assez compliquée. Bien avant que ce grand pays de 17 000 îles existe, il était composé par une multitude de royaumes, plus ou moins riches et plus ou moins puissants. Idéalement placée sur la route maritime entre la Chine et l’Inde et possédant de très nombreuses épices (comme le clou de girofle par exemple), la plupart des îles indonésiennes devinrent alors très vite des étapes indispensables pour les navires du monde entier. Tout d’abord animistes, les Indonésiens se convertirent ensuite à l’hindouisme et au bouddhisme, l’Inde étant un modèle de réussite prestigieux à l’époque (l’ensemble de l’Asie du Sud-Est étant influencé par l’Inde !). Du 4eme au 14eme siècle, ce fut le temps des maharadjas et des millions de dieux, d’immenses temples hindous et bouddhistes furent construits et l’Inde influença grandement la vie quotidienne des habitants de l’archipel indonésien. Aujourd’hui encore, les influences indiennes sont visibles tous les jours en Indonésie !
A partir du 14eme siècle une nouvelle religion apparut dans l’archipel, amenée par les marchands arabes et indiens : l’Islam. Peu à peu, la quasi-totalité de gens se convertirent à l’Islam. Ce fut alors le temps des sultans et des mosquées ! Aujourd’hui, les sultans ont disparu mais l’Indonésie reste le pays le plus musulman du monde !
Ces divers changements de religion n’ont pas empêché les royaumes de se développer, de s’enrichir et de continuer, encore et toujours, à faire du commerce ! Ceci finit par attirer de lointains voyageurs, désireux de saveurs exotiques : les Européens. Les premiers arrivants furent les Portugais qui utilisèrent les grands ports de commerce de la région pour s’approvisionner en épices et en objets précieux. Mais en Europe la concurrence était rude pour le contrôle des épices et de nouveaux arrivants vinrent dans la région indonésienne avec la ferme intention de chasser les Portugais et de contrôler tout l’archipel. C’était les Hollandais !
Les Hollandais, très bien armés et bons stratèges, ont réussi à s’imposer petit à petit dans l’archipel indonésien, parfois par des violences extrêmes, parfois par des alliances utiles. Dés 1605, toute la région tombe aux mains des Hollandais qui seront les maîtres des lieux jusqu’en 1945. Durant cette longue période il y eut des moments très difficiles pour le peuple indonésien car les Hollandais n’hésitaient pas à utiliser la violence et à se servir des gens comme des esclaves. La famine était chose courante à l’époque. Finalement, les Hollandais commencèrent à développer un peu la région en construisant des routes et des écoles notamment. Instruits, les gens prirent en main leur destin et en 1945, la Hollande étant affaiblie par la seconde guerre mondiale, l’Indépendance fut proclamée ! Il s’ensuivit alors 4 longues années de guerre pour la liberté car les Hollandais n’avaient pas l’intention de quitter ces îles aux milles trésors. En 1949, la république d’Indonésie est créée, pour la première fois dans leur histoire toutes les îles de l’archipel s’unissent pour former un unique pays !
Mais tout cela était trop beau pour être vrai… A partir de 1949, l’Indonésie fut salie par les guerres, les massacres, les attentats… En 1966, le général Soeharto prend le pouvoir et ce fut le début d’une longue et sanglante dictature ! On peut citer en exemple l’organisation des massacres anti-communistes qui firent plus de 500 000 morts !!!La dictature affaiblit le pays déjà fragile, les gens n’avaient plus le droit de s’exprimer, à cause de la corruption il n’y avait ni police ni justice, la famine était courante et la prison aussi… Alors, lorsqu’en 1997 la crise financière asiatique éclata, l’impact sur l’Indonésie fut immense ! Il y eut d’énormes révoltes et des émeutes sanglantes, forçant finalement le dictateur Soeharto à quitter le pouvoir en 1998. Enfin !
Depuis, les Indonésiens ont enfin pu goûter à la démocratie en élisant leurs présidents ! Aujourd’hui, le président actuel semble être apprécié par la majorité des Indonésiens, sans distinctions d’île ou de religion. Le travail à accomplir est énorme, l’Indonésie est un pays complexe et il reste des milliers de problèmes à résoudre comme l’isolement de certaines îles, les attentats terroristes réguliers, la gestion des catastrophes naturelles, la grande pauvreté, l’éducation… A présent, les Indonésiens ont leurs destins en main pour construire un avenir meilleur. Ils savent peu à peu s’unir pour créer une véritable identité indonésienne (par exemple, ils apprennent tous le « bahasa indonesia », la langue nationale commune à toutes les îles). Avec des îles ayant chacune leur histoire, leurs problèmes et leurs ressources, avec plus de 700 langues parlées et presqu’autant de cultures différentes, unir le pays et combattre les inégalités seront de vrais défis !
Contexte économique
L’Indonésie possède beaucoup de ressources naturelles (huile, gaz, pétrole…) et un grand territoire (ce qui permet de récolter beaucoup de riz). De plus, l’industrie est aussi assez bien développée ce qui fait de ce pays la plus grosse puissance économique de l’Asie du Sud-Est, devant la Thaïlande ou la Malaisie. Cependant l’Indonésie est le quatrième pays le plus peuplé du monde avec plus de 240 millions d’habitants et si on divise toutes les richesses récoltées par le nombre d’habitants cela ne fait pas grand-chose par personne (contrairement à la Thaïlande ou à la Malaisie). Qui plus est, il y a de très très grandes inégalités entre les Indonésiens ! Inégalités entre les îles : la majorité des gens de l’île de Flores vit dans des cabanes en bambous sans aucun confort alors que la plupart des habitants de l’île de Bali possède de grandes maisons en pierres, des motos ou des voitures, des téléphones, des meubles… Inégalités ville-campagne : on trouve en ville des gens habillés à l’occidentale qui possèdent souvent des motos, des téléphones, des appartements, il y a aussi d’immenses centres commerciaux, des cinémas, etc. tandis que les gens des campagnes sont souvent habillés avec des vêtements usés et sales et vivent dans des maisons très sommaires et se nourrissent principalement de ce qu’ils cultivent ! Inégalités dans les grandes villes : on peut trouver à Jakarta des hommes vivant dans de luxueux appartements, voyageant en avion d’île en île et dépensant sans compter mais aussi des gosses forcés de faire les poubelles à la recherche d’un bout de plastique à revendre et vivant dans des bidonvilles le long des voies ferrées !
Dans un village isolé où la vie n’est pas facile
L’Indonésie est comme un ensemble de plusieurs pays très différents réunis sous un même drapeau. Entre un habitant de Java et un habitant de Flores, il y autant de différences qu’entre un Suédois et un Italien ! Les contrastes sont saisissants, où que l’on soit il y a toujours des gens très riches et des gens très pauvres, un peu comme en Inde. Même s’il y a des riches en ville, même si le tourisme permet à certaines personnes de bien vivre et même s’il y a des progrès depuis quelques années, l’Indonésie reste malgré tout un pays pauvre où en plus, la vie est assez chère pour l’Asie (un enseignant gagne environ 80 € par mois, ce qui est très peu pour vivre en Indonésie, surtout avec une famille à nourrir !). L’instabilité politique, les attentats fréquents, les tremblements de terre et les éruptions volcaniques, le manque d’instruction et la corruption sont de grands freins pour rétablir l’égalité entre les Indonésiens. Espérons que les prochains gouvernements sauront réagir avant que cela ne dégénère…
Education
Le système scolaire indonésien est constitué comme ceci :
- 6 ans d’école primaire (du grade 1 au grade 6),
- 3 ans de collège (du grade 7 au grade 9),
- 3 ans de lycée (du grade 10 au grade 12),
- puis l’université.
Il existe deux sortes d’écoles en Indonésie : les écoles publiques (plus ou moins gratuites) et les écoles privées (payantes). Les écoles primaires publiques constituent environ 95 % des écoles indonésiennes, il y a donc très peu d’écoles primaires privées. Toutes les écoles suivent le programme scolaire transmis par le Ministère de l’Education mais elles sont libres de l’adapter : elles peuvent par exemple décider du niveau scolaire à partir duquel sera enseigné l’anglais. En général, les élèves sont moins nombreux dans les classes des écoles privées et les enseignements plus diversifiés car les écoles privées disposent de plus de budget et peuvent donc embaucher des professeurs supplémentaires (en plus de ceux « octroyer » par le Ministère). Que l’école soit publique ou privée, c’est l’Etat qui fournit les livres scolaires aux enfants. Par contre, l’achat de l’uniforme est à la charge de la famille et il y en a 3 différents, selon les jours de la semaine : un uniforme aux couleurs du drapeau indonésien (chemise blanche et jupe ou pantalon rouge), un uniforme marron (chemise marron clair et jupe ou pantalon marron foncé) et un uniforme traditionnel (chemise « batik », c’est-à-dire avec plein de motifs, et jupe ou pantalon rouge ou marron). Dans les écoles publiques, il y a un jour de la semaine où les petites filles qui sont musulmanes ajoutent à leur uniforme le port d’un voile.
Ecoliers indonesiens
En Indonésie, les enfants ne vont à l’école que le matin (de 7h à 13h) mais ils travaillent 6 jours sur 7 (du lundi au samedi compris). Les enfants ont donc tous leurs après-midi de libre que ce soit pour faire leur devoirs, jouer entre amis ou aider leurs parents à travailler aux champs par exemple. L’année scolaire indonésienne commence fin juillet et se finit fin juin. Il n’y a qu’un seul mois de grandes vacances en juillet. Les enfants indonésiens étudient 3 langues différentes : l’indonésien (la langue nationale, commune à toutes les îles du pays), la langue régionale (comme par exemple le balinais à Bali ou le javanais sur l’île de Java) et l’anglais (à raison de 70 minutes par semaine). Les autres matières enseignées sont les mathématiques, l’histoire-géographie, les sciences, la religion (musulmane, chrétienne ou hindoue), le sport, le dessin et la musique. Dans certaines écoles, il y a une maîtresse qui enseigne toutes les matières (sauf l’anglais) pour une classe, mais dans d’autres il y a un professeur par matière, chaque école s’organise comme elle le souhaite ou comme elle le peut.
En découvrant les écoles indonésiennes, nous avons eu le sentiment que le gouvernement met tout en œuvre pour améliorer les conditions d’enseignement dans les écoles, en construisant de nouvelles écoles, en rénovant les anciennes, en achetant de nouveaux livres et de nouveaux meubles pour les classes... Cependant, il nous a semblé qu’il reste encore beaucoup de travail à faire sur le fond car certains professeurs n’ont pas un très bon niveau dans leur domaine et manque de pédagogie. Il faut aussi ajouter qu’il y a globalement un grand manque de discipline dans les écoles et que les enfants rentrent et sortent de la classe (et de l’école) un peu trop comme ils le veulent. Dans les régions les plus reculées, il y a aussi un grand manque de professeurs car très peu de gens veulent bien quitter la ville pour enseigner à la campagne. En bref, les progrès sont certainement immenses par rapport à il y a encore quelques années, mais il reste encore beaucoup à faire !
Reliefs et climats
Les 17 000 îles indonésiennes (dont uniquement 6000 sont habitées) sont disposées le long de l’équateur et le climat y est donc chaud et très humide toute l’année. Il n’y a pratiquement pas de saisons sauf dans quelques régions où il y a juste une période pluvieuse entre le mois de novembre et le mois de mars.
Le relief de l’Indonésie est marqué par une très forte activité géologique. L’Indonésie est « le pays des volcans » ! Il y en a partout ce qui créé des paysages magnifiques. Imaginez des volcans de prés de 4000m sur de petites îles bordées par une mer bleue turquoise ! Les plus hauts volcans culminent même à plus de 5000m d’altitude et sont recouvert de neige. Certains volcans son secs et arides, d’autres sont verdoyants et recouverts de forêts luxuriantes. Où que l’on soit en Indonésie on est donc jamais bien loin de la mer et de la montagne !
L’incroyable volcan Bromo sur l’île de Java
Une plage sur l’île de Sulawesi
Malheureusement, ces activités géologiques intenses ont aussi de mauvais côtés. Les tremblements de terre sont très fréquents. La ville de Padang (sur l’île de Sumatra) fut rasée l’année dernière et il y a eut plus de 6000 morts en 2004 prés de Yogyakarta !!! Les éruptions volcaniques peuvent aussi causer d’immenses dégâts. Des îles entières ont déjà été dévastées, les villages étant rasés par les coulées de lave et les chutes de pierres ! Certaines éruptions ont même déjà changé le climat de la planète toute entière comme en 1815 où la quantité de cendres fut telle que le soleil fut caché pendant tout une année dans le monde entier !
Faune et flore
Située le long de l’équateur, morcelée en milliers d’îles, l’Indonésie possède une faune et une flore très variées ! C’est le deuxième pays (après l’Australie) à posséder le plus d’espèces qui ne vivent que sur son territoire. Il est difficile de faire la liste des espèces animales et végétales indonésiennes mais en voici quelques exemples :
Les dragons de Komodo qui ne vivent que sur l’île de Komodo. Les lézards les plus gros du monde… et les plus féroces !
L’orang outan est sans conteste le singe emblématique de l’Indonésie.
Les insectes sont aussi très présents (et très gros !) en Indonésie, comme cette araignée de belle taille ! Il y a aussi de superbes papillons !
La flore indonésienne est magnifique, comme cette belle orchidée. La jungle est souvent remplie d’arbres fruitiers et de buissons fleuris, superbe !
On découvre encore chaque jour de nouvelles espèces tant ce pays reste à découvrir mais malheureusement il y a aussi tellement de destruction de sites naturels par l’homme que la majorité des espèces inconnues seront tuées avant d’être découvertes… Dommage !
Ecologie et environnement
L’Indonésie est un pays où la nature est magnifique et très diversifiée mais les activités humaines menacent grandement ce patrimoine naturel. Globalement, les Indonésiens n’ont aucune notion de protection de l’environnement et se fichent complètement de dégrader la nature. Les déchets sont automatiquement jetés à même le sol, par les fenêtres des trains, en pleine mer lors des voyages en bateau, en pleine nature lors des balades… Ceci créé des décharges sauvages un peu partout. Ensuite, tous ces déchets sont généralement brûlés aux coins des rues, enterrés en plein nature ou (le plus souvent) laissés là où ils sont ! Quelle pollution ! Avec ce genre de comportement, imaginez alors la quantité de déchets polluants que les grandes usines déversent dans la nature… De plus, la majorité des indonésiens ne sont pas reliés à un réseau d’égouts, les eaux usées vont donc directement dans le sol et les rivières !
Il y a peu, certains pêcheurs paresseux pêchaient encore à la dynamite ce qui a détruit une immense quantité de coraux et tué des millions de poissons. A présent, ces pêcheurs utilisent du poison (cyanure) pour pêcher, ce qui n’est pas vraiment mieux. Mais pour eux, il n’y a rien de mal ! Ceci est purement et simplement dû à un manque d’éducation basique…
On estime qu’environ la moitié des forêts indonésiennes ont déjà été détruites ! Bien que l’actuel gouvernement semble avoir pris conscience du problème, les conséquences de cette destruction massive sur la faune et la flore sont souvent irréparables. Aujourd’hui encore, on découvre régulièrement de nouvelles espèces mais il en disparait encore plus chaque jour…
Enfin, le gâchis ! Le plastique est sur-utilisé, il y a des emballages individuels pour tout et les commerçants distribuent des dizaines de sacs plastiques à chaque achat. Si vous achetez un sac plastique, on vous donnera un sac plastique pour le mettre dedans ! Résultat, les villes sont envahies de sacs plastiques mais surtout les rivières et la nature…
En bref, l’Indonésie est encore un pays sale qui détruit son environnement et qui gâche ses ressources par manque d’éducation de base ! Ce n’est pas encore aussi sale qu’en Inde mais il y a beaucoup de points communs inquiétants…
Habitat
Dans les grandes villes, les Indonésiens vivent le plus souvent dans des petits immeubles en plus ou moins bon état, comme on peut en trouver partout dans le monde. Le centre-ville est aussi souvent constitué de grandes maisons assez basses, vestiges du passé. De manière générale, les habitations indonésiennes ne sont jamais très hautes et les gratte-ciels sont très rares. Peut-être est-ce à cause des risques importants de tremblements de terre ?
A la campagne, le style des maisons varie selon les îles, chacune d’entre elles ayant ses propres traditions architecturales et ses propres ressources. Sur l’île de Java, les maisons sont souvent en bois (parfois en briques) avec des toits de tuiles rouges. En Sulawesi, les maisons de bord de mer sont souvent en bois avec un toit possédant une forme particulière et les maisons Torajas (dans les montagnes) ont une forme de bateau, unique au monde ! A Flores, les murs des maisons sont principalement faits à base de bambous tressés et les toits sont faits avec des feuilles de palmiers, le confort y est souvent très sommaire. A Bali, les maisons sont organisées autour d’une cour entourée d’un mur et elles sont le plus souvent en briques et en pierres, très aérées, avec de nombreuses sculptures. De plus, il y a toujours un temple hindou au centre de la cour.
Maison sur l’île de Java
Maison de pêcheur sur l’île de Sulawesi
Maison Toraja sur l’île de Sulawesi
Maison dans la campagne de l’île de Flores
Maison balinaise organisée autour d’une cour
Le confort dans les maisons varie énormément. Certaines familles possèdent beaucoup de meubles, plusieurs télévisions, de grands lits, des salles de bains, des garages, de belles cuisines… D’autres, en revanche, dorment sur des paillasses à même le sol, se lavent dans les cours d’eau et cuisinent au feu de bois à l’extérieur… En Indonésie, les écarts sont grands !
Vêtements
En Indonésie, les façons de s’habiller sont différentes selon que l’on soit à la ville ou la campagne, de telle ou telle religion, jeune ou âgé, riche ou pauvre… A la ville, les gens s’habillent à l’occidentale : le jean/T-shirt est la tenue standard. A la campagne, les jeunes commencent aussi à s’habiller de manière plus moderne même si leurs parents et surtout leurs grands-parents continuent de porter l’habit traditionnel.
Jeunes citadins en week-end et s’habillant à la mode
Selon les îles, l’habit traditionnel varie. De manière générale, le bas est constitué d’une longue jupe, portée aussi bien par les hommes que par les femmes. Selon les régions, les motifs et les matières de cette jupe changent et portent différents noms comme « ikat » ou « sarong ».
Habits traditionnels de Bali
Vieille dame portant un « ikat » sur l’île de Flores
La religion a aussi une grande influence sur les habits. Les musulmanes portent parfois un voile et les musulmans portent un « songkok » (petit chapeau), bien que cela soit surtout pour aller à la mosquée. Les chrétiens portent quant à eux souvent un gros chapelet autour du cou. Enfin, les femmes hindoues portent souvent des fleurs dans les cheveux tandis que les hommes se mettent un foulard sur la tête, noué sur le front. Toutes religions confondues, les Indonésiens revêtent toujours les habits traditionnels pour les grandes occasions et les cérémonies religieuses.
Musulmans habillés pour aller prier à la mosquée
Il faut aussi noter que la plupart des Indonésiens vivant à la campagne n’ont pas beaucoup de vêtements (pas d’accès facile à des boutiques) et qu’ils sont souvent très usés. De même, il n’est pas rare de voir des enfants à moitié nus dans les zones reculées.
Enfin, l’une des grandes spécialités de l’Indonésie en matière de vêtement est le « batik ». Le « batik » est en fait un motif très particulier (très kitsch pour les occidentaux) imprimé sur beaucoup de vêtements. Trouver une chemise sans aucun motif en Indonésie relève de l’impossible !
Homme portant une chemise « batik »
Coutumes, traditions et modes de vie
Difficile de résumer les coutumes et les traditions d’un tel pays ! Chaque île a ses spécificités culturelles, comme si l’Indonésie était un ensemble de petits pays éparpillées dans l’océan indien. Cependant, il y a aussi des traditions et des modes de vie communs à tous. Voici une petite liste qui vous en apprendra plus sur la diversité culturelle indonésienne :
- Comme il n’y a qu’une seule saison en Indonésie, le riz pousse toute l’année et il y a toujours et partout de grandes étendues de rizières verdoyantes. N’ayant pas de machines, la culture du riz prend beaucoup de temps. Du coup, le riz est planté « en décalé » pour que les dates des récoltes ne tombent pas toutes le même jour et que les villageois puissent récolter le riz, parcelle par parcelle, tous ensemble.
Rizières
- L’Indonésie est un pays profondément musulman et l’Islam influence la vie de tous les jours. L’appel à la prière des mosquées est comme une musique de fond permanente et rythme les journées de millions de fidèles. Il y a des mosquées absolument partout : dans toutes les rues, dans les stations essences, dans les bateaux, dans les centres commerciaux, dans les gares et même dans le loft du « Loft Story » indonésien ! Dans les chambres d’hôtel, il y a souvent une petite flèche au plafond pointant vers La Mecque afin de pouvoir y prier convenablement.
- Pour saluer un étranger, les Indonésiens disent toujours « Hello Mister ! » ! Ensuite, une petite conversation de routine est souvent obligée (bien que les Indonésiens parlent très peu anglais) : nom, âge, pays, quel hôtel, nombre d’enfants, où on va, métier… Les Indonésiens sont très curieux ! Si on a en plus la chance de parler le « bahasa indonesia », de longues conversations sont à prévoir !
- L’Indonésie est probablement le pays le plus fumeur du monde. Les Indonésiens (uniquement les hommes) fument littéralement tout le temps et partout et se fichent complètement des interdictions de fumer (ils fument dans les bateaux, les trains, les bus, les stations essences et même dans les salles de classe !). Ils fument des cigarettes appelées « kretek » et qui sont aromatisées aux clous de girofle, ceci dégageant une odeur très particulière mais pas forcément désagréable. Dans les campagnes, les femmes, elles, mâchent du bétel, une noix qui a la particularité de colorer les dents et la bouche en rouge ! Charmant !
- Les chrétiens de l’île de Flores ont une curieuse tendance à mettre les tombes de leurs défunts devant chez eux, à côté de la porte d’entrée. Bien souvent, les tombes servent ensuite de bancs pour les villageois qui n’hésitent pas à s’asseoir dessus pour bavarder!
Maison chrétienne de l’île de Flores avec une tombe prés de la porte
- Pour se dire bonjour, les musulmans se serrent la main et la porte ensuite au cœur, les hindous joignent les mains au niveau de la poitrine et les chrétiens se serrent la main.
- En Indonésie, les écarts sont immenses. Il y encore des gens (des tribus) qui vivent comme à la préhistoire dans la jungle et d’autres qui ont un niveau de vie semblable à celui de riches hommes d’affaires occidentaux.
- Les Indonésiens se lèvent très tôt, vers 5h, généralement en entendant le chant des coqs.
- Les Indonésiens sont toujours volontaires pour aider les étrangers et répondre à leurs questions, cependant ils ont aussi tendance à répondre même s’ils ne savent rien (comme les Indiens)… Du coup, il faut toujours demander à plusieurs personnes différentes pour connaître l’horaire d’un bus par exemple !
- Sur l’île de Bali, il y a tous les jours de superbes cérémonies religieuses hindoues très colorées et très poétiques.
Temple hindou décoré à l’occasion d’une cérémonie
- Qu’importe la religion, les cérémonies religieuses sont toujours l’occasion de véritables festins. Il est important de bien nourrir ses invités !
- Les moyens de transports indonésiens sont variés, souvent très lents et parfois dangereux. Quelques exemples : le bateau, le train, le bus, le « bémo » (sorte de mini-bus), le « becak » (pousse-pousse à vélo), l’ « ojek » (moto-taxi), le « cidomo » (calèche à cheval)…
Un « becak » sur l’île de Java
Un « bémo », un des moyens de transport les plus populaires
- La majorité des indonésiens mangent avec les doigts, sauf les soupes !
- Sur l’île de Sulawesi, les Torajas ont des traditions bien particulières comme les cérémonies funéraires ou encore les impressionnants combats de buffles, LE spectacle préféré des Torajas !
Procession des invités lors d’une grande cérémonie funéraire Toraja
Petite video d'un combat de buffles, tres dangereux car à chaque fois les buffles finissent dans la foule :
- Malheureusement, la majorité des Indonésiens continuent de croire que la couleur de peau a un lien direct avec le compte en banque et pour eux, être blanc c’est être très riche !!! Du coup, ils n’hésitent pas à vendre des choses deux fois plus chères qu’en France (alors qu’ici tout coûte 5 fois moins cher) !
- Bien qu’il y ait encore beaucoup de gens pauvres en Indonésie, la mendicité n’est pourtant pas très courante, sauf dans quelques grandes villes.
- Les Indonésiens sont assez indisciplinés : ils prennent les sens interdits, fument dans les lieux non-fumeurs, n’écoutent pas les consignes de sécurité lorsqu’il y a des problèmes, jettent systématiquement les papiers par terre, ne portent pas souvent de casques à moto, ne savent pas faire la queue sans bousculade…
- Comme les enfants indonésiens n’ont école que le matin, tous les après-midi, les rues sont remplies d’enfants faisant du sport, jouant, riant… Une ambiance très joyeuse !
Groupe d’enfants dans la rue en plein après-midi
- Le riz est tellement important en Indonésie que même au Mac Donald, le menu favori des gens est le « riz- poulet frit – coca » !
- Les volcans, que l’on trouve sur chaque île, sont souvent considérés comme sacrés et associés à de vieilles croyances animistes. Des offrandes sont même parfois jetées dans les cratères afin de calmer la colère des dieux !
L’incroyable volcan Kelimutu sur l’île de Flores dont les lacs sont sensés recueillir les âmes des défunts…
Cuisine
La cuisine indonésienne est, comme partout en Asie, principalement à base de riz. Il n’est pas de vrai repas sans riz ! En Indonésie, manger consiste d'abord à remplir son assiette de riz et ensuite, à y ajouter différents accompagnements. La cuisine indonésienne est très riche en épices et en ingrédients exotiques comme le piment, la noix de coco, les clous de girofle, la citronnelle, la cacahuète, les feuilles de bananes et de citron... Il y a deux grandes sortes de plats : les plats à base de riz (« nasi ») et les plats de nouilles de riz (« mie » ou « soto ») ou de riz en bouilli (« bubur »), ceux-ci le plus souvent sous forme de soupe.
Le « nasi goreng » est le plat le plus courant. C’est en fait du riz qui est frit quelques instants dans une grande poêle avec des légumes et qui est souvent accompagné d’un œuf au plat. Le « nasi campur » est lui aussi très populaire. C’est un plat de riz accompagné par des barres de cacahouètes frites (« tempe »), du tofu (« tahu »), des légumes épicés (« sayur ») et un bout de poulet ou de poisson frit. Le « gado gado » se compose quant à lui de riz recouvert de légumes épicés, de tofu et d’un œuf dur, le tout sous une épaisse sauce à la cacahuète.
Un « nasi campur »
Un « nasi pecel », une variante du « gado gado », servi dans une feuille de banane
Côté soupe, la plus populaire est certainement le « bakso ». Des nouilles de riz (souvent bleues !) sont placées dans un bol avec des boulettes de bœuf, de porc ou de poulet (selon la religion !) appelées « bakso », le tout est recouvert d’un bouillon plus ou moins parfumé et épicé. Le « soto ayam » ou « mie ayam » est aussi très courant, c’est une soupe de nouilles avec des petites miettes de poulet. Le plus souvent les Indonésiens prennent aussi un plat de riz blanc à côté de leur soupe, un peu comme on prend du pain en France. Il existe en plus des centaines de variations de soupe selon les ingrédients, les tailles et les formes des nouilles.
Une soupe « bakso »
Les « satay » sont aussi très appréciés des Indonésiens. Ce sont des brochettes de viandes cuites aux barbecues, recouvertes d’épices et servies avec unes sauce aux cacahuètes. L’Indonésie étant un pays d’îles, les poissons grillés, séchés ou frits sont évidemment des plats très courants.
Mais la cuisine indonésienne ne s’arrête pas là ! Evidemment chaque île, chaque région possède ses propres spécialités culinaires ! Voici quelques spécialités des îles que nous avons traversées :
- Sur l’île de Java : Le « bakso » et le « gado gado » sont originaires de cette île. Il y a aussi le « gudeg », un curry de jackfruit (un fruit très odorant !).
- Sur l’île de Sulawesi : Le « pa’piong » est fait en fourrant de la viande de porc dans des gros tubes de bambous, mélangée avec des légumes et de la noix de coco, le tout cuit au feu de bois.
- Sur l’île de Flores : Les plats de cette île sont souvent assez simples. Le repas quotidien se compose souvent de riz blanc accompagné de quelques plantes (qui ressemblent à des mauvaises herbes mais dont le goût se rapproche un peu de l’épinard, en plus croquant).
- Sur l’île de Sumbawa : De délicieux « nasi telur », un plat de riz accompagné d’un œuf dur frit dans des piments (ou d’un œuf au plat) et de genre d’épinards en sauce.
- Sur l’île de Bali : Le « babi guling », un cochon rôti dont les différentes parties sont ensuite cuisinées de différentes façons. C’est le plat typique des cérémonies religieuses balinaises.
Un « babi guling »
Tous les plats indonésiens sont systématiquement servis avec du « sambal », LE condiment indonésien ! Le « sambal » est une purée de piments qui, selon les régions, est associée avec un autre ingrédient comme de l’ail ou de la tomate. Bien que cela donne beaucoup de goût aux plats, le « sambal » est tellement fort qu’il est souvent difficile à supporter pour un occidental ! Les Indonésiens adorent aussi manger des chips de crevettes ou de poissons avec leurs plats. Il y en a de toutes les formes et même de toutes les couleurs !!!
La cuisine indonésienne inclut aussi quelques délicieuses pâtisseries dont le « terang bulan » (une épaisse crêpe fourrée de chocolat fondu, de cacahuètes en poudre et de vermicelles de chocolat) et les « putu », gâteaux de riz cuits à la vapeur et enrobés de noix de coco râpée. Les fruits frits (bananes, patates douces…) sont aussi très prisés et succulents. Ils sont le plus souvent vendus dans des roulottes dans la rue.
Des « putu », délicieux !
Un « terang bulan », pour les gourmands !
Il y a deux grandes boissons nationales : le « teh botol » et le café. Le « teh botol » est une boisson fraîche qui se vend dans de petites bouteilles en verre et que l’on trouve absolument partout en Indonésie. Il s’agit en fait de thé froid très sucré. Comme boisson chaude, les Indonésiens consomment du thé mais surtout beaucoup de café qui pousse très facilement dans ce pays et qui est surtout très bon !
Le concept de restaurant est assez nouveau en Indonésie. Le plus souvent les gens vont manger dans des « warungs », de petites roulottes installées dans la rue où il y a parfois quelques tabourets, une table et des bâches pour manger sur place. Ces « warungs » servent des plats simples et populaires comme des soupes de nouilles ou du riz frit. Cependant, les Indonésiens préfèrent souvent prendre leurs plats « à emporter » et les déguster chez eux en famille.
Des « warungs », de simples petites roulottes !
Arts et divertissement
Les Indonésiens ADORENT la musique ! Chaque région a ses chants traditionnels et ses chanteurs à la mode et on entend de la musique partout et tout le temps ! Il y a beaucoup de chanteurs indonésiens mais les Indonésiens sont aussi ouverts à beaucoup d’autres styles musicaux : les chansons indiennes, le techno, la macaréna, Céline Dion, le RnB américain, les vieux tubes des années 90… La musique indonésienne est assez variée et agréable à écouter. Beaucoup de chansons ont des airs assez entrainants qui se retiennent très facilement, et beaucoup sont un genre de mélange africain - sud-américain - polynésien, super pour danser et chanter ensemble !!!
Voici une petite vidéo d’un des tubes indonésiens du moment :
En plus, les Indonésiens ne font pas qu’écouter, ils adorent aussi jouer de la musique ! Il y a partout des groupes de jeunes jouant de la guitare et chantant ensemble, jusqu’aux sommets reculés des volcans ! Dans le train, dans le bus, dans le bateau, il y a toujours des musiciens qui passent en jouant de la musique pour gagner quelques pièces (et tous les Indonésiens donnent !). Ce n’est pas de la mendicité, c’est plutôt une vie de saltimbanque, une vie d’artiste vagabond. L’Indonésie est l’un des pays les plus « musicaux » que nous ayons traversé et ce fut un vrai bonheur de voyager en musique !
Côté cinéma, les Indonésiens ont leurs propres films et sont aussi ouverts aux films étrangers, en particulier les films « Bollywoods » indiens. A la télé, il y a beaucoup d’émissions de style « Star Ac’ » où de nombreux chanteurs se succèdent sur scène. On peut aussi y voir pas mal de séries genre « feux de l’amour » ! Mais ce qu’il y a surtout à la télé, c’est de la pub ! Toutes les cinq minutes, et tout le temps les mêmes !!! Pour les enfants, de nombreux dessins animés passent à la télé dont les aventures du petit Krishna (un dieu hindou bleu) et surtout, LA star des enfants, Bob l’éponge ! C’est assez curieux mais, en Indonésie, Bob l’éponge est partout et plaît aussi bien aux enfants qu’aux adultes. On trouve des centaines de produits Bob l’éponge : des tongs, des coussins, des vêtements, des ballons, des sacs à dos, des bonbons, des glaces, des porte-clés, des autocollants… !
Deux jeunes citadins assez chics n’hésitant pas à porter un T-shirt « Bob l’éponge » !
Les autres arts ne sont pas en reste. En effet, il y a dans chaque région des spécificités artistiques que ce soit en peinture, en sculpture, en spectacle théâtral, en architecture (chaque île à son style d’habitat) et en danse (dont les plus connues se trouvent à Bali). Sans parler de certains objets artisanaux, fabriqués à la main avec une extrême précision et un savoir-faire unique transmis de génération en génération, qui sont parfois de véritables œuvres d’art.
Danseuse de Legong, une célèbre danse balinaise
Sports, loisirs et jeux
Le sport national est sans aucun doute le football. Les garçons en sont fans ! Les filles, quant à elles, préfèrent le volley et le badminton. Les enfants savent souvent s’amuser avec peu de choses (il y très peu de jeux vidéos en Indonésie). Rien qu’avec un bout de bois, un caillou, une chambre à air ou un vieil élastique, ils arrivent à fabriquer de quoi s’amuser ! Les jeux que nous avons le plus souvent remarqués dans les villages sont le yoyo, le lance-pierre, le « bowling « avec des noix et faire rouler un pneu poussé par un bâton ! Au bord de la mer, les enfants adorent jouer dans l’eau au coucher du soleil et essayer de pêcher quelques poissons comme leur papa ! Certains vendent des coquillages pour se faire de l’argent de poche.
Jeu de l’île de Flores où il faut renverser les petits tas de noix en lançant d’autres noix dessus. Un jeu simple mais très rigolo !
A Bali, où la mer est souvent forte, les petits garçons adorent faire du surf ! Ils sont étonnement doués pour leur âge et n’ont peur de rien ! Les petites filles, elles, prennent des cours de danses balinaises.
Petits surfeurs à Bali
Cours de danse traditionnelle
Les adultes aiment aussi le billard et les jeux de cartes. Le sport national des femmes est de papoter, celui des hommes est de fumer des cigarettes ! Bien qu’ayant parfois une petite télévision, les Indonésiens la regardent peut-être un peu moins que dans d’autres pays d’Asie.
Spécialités
- Les millions de « Hello Mister !!! » entendus dans la rue
- Les volcans, partout et grandioses !
- Les danses et l’architecture balinaises
- 17 000 îles, 700 langues et tellement de cultures à découvrir !
- Le « teh botol » pour se rafraîchir et un bon café pour se réchauffer
- L’odeur des cigarettes aux clous de girofle
- Les « warungs » et leur « nasi campur », l’un des plats favoris des Indonésiens
- Les différences de niveau de vie entre la ville et la campagne et entre les îles
- Les rituels hindous de Bali, si poétiques !
- Les traditions des Torajas : les maisons-bateaux, les combats de buffles et les cérémonies funéraires.
- Les plages paradisiaques.
- La vie rythmée par l’appel à la prière des mosquées.
- La gentillesse des habitants ainsi que leurs sourires !
- Le « batik », LE motif national présent sur tous les tissus !
- Les paysages magnifiques et une nature exceptionnelle.
- Les rizières, bien sûr !
- Les moyens de transport très variés et aussi souvent très lents…
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