A la rencontre des écoles
| Ecoles des Yellagiri Hills - Partie 2 |
| Vendredi, 27 Novembre 2009 04:54 |
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Jeudi Bien que le père Maria soit très occupé, il nous a tout de même consacré un long moment pour nous expliquer le fonctionnement du centre et les problèmes des enfants et de la société indienne. Le père Maria connait la vie de chaque enfant du centre. Chaque enfant a sa propre histoire et a vécu des moments terribles. Nous avons dit au père Maria que l'une des choses qui nous frappait le plus était le sourire des enfants. En effet, les enfants ont l'air si heureux que l'on a du mal à imaginer qu'ils aient pu vivre dans la misère et la violence.
A première vue personne ne peut soupçonner la vie de malheur qu'on eut ces enfants avant d'arriver au centre. C'est impressionnant de voir que la volonté d'un homme, le père Guezou, a pu redonner la joie et l'espoir à des centaines d'enfants mais aussi à leur famille et à leur village. Aujourd'hui les écoles du centre Don Bosco sont d'un très bon niveau scolaire ainsi que l'école d'ingénieurs en informatique. Les étudiants qui sortent de ces écoles concurrencent ceux des grandes universités de l'état. Aujourd'hui les enfants pauvres et exclus de la société peuvent s'en sortir et donner de l'espoir à leurs semblables. Le père Maria nous a confirmé l'énorme influence de l'hindouisme sur toute la société indienne. Le système des castes est encore largement appliqué et les injustices restent ignorées. La corruption à tous les niveaux empêche l'amélioration du niveau de vie des plus pauvres. Les filles ne vont que très peu à l'école, à la campagne leurs parents les marient dés l'âge de 13 ans. Il existe aussi un phénomène terrible qui empêche les enfants d'aller à l'école : les familles pauvres qui ont besoin de beaucoup d'argent rapidement (pour se soigner par exemple ou organiser un mariage) ont recours à un moyen qui ressemble à de l'esclavage. Pour obtenir de l'argent ils vont voir un homme riche et qui a besoin de « serviteurs » et leur louent leur enfant pour un certain temps. Ce n'est pas que pour deux ou trois jours, c'est pour des années ! Les enfants quittent alors leurs familles, ils deviennent alors des esclaves, et peuvent le rester jusqu'à devenir vieux ! Ceci est complètement interdit en Inde mais comme souvent la police ferme les yeux... Les prêtres de Don Bosco essaient de racheter ces enfants à leur propriétaire pour les amener au centre et les libérer de cet esclavage. Mais cela reste très difficile car ce n'est pas de l'argent que veulent les propriétaires, ce sont des travailleurs qui ne coûtent rien et qui font tout ce qu'on leurs demande. De plus cette pratique se déroule en secret. En fin d'après-midi nous avons voulu assister au temps libre qu'ont les enfants et les étudiants après la classe. Une petite précision : les filles et les garçons n'ont jamais de temps libres en même temps. De même les garçons et les filles n'ont pas le droit de se parler sauf pour parler des études. A la messe les filles sont d'un côté et les garçons de l'autre. Cela peut paraître très étrange mais il y a une raison à cela. En Inde ce sont les parents qui choisissent celui ou celle qui épousera leur enfant. C'est très différent de chez nous, il n'y a que très peu de mariage d' « amour ». Les prêtres du centre ne veulent pas créer de problèmes entre les familles. Les filles et les garçons sont donc séparés pour diminuer les « risques de tomber amoureux » ! Eh oui, c'est bizarre mais c'est la culture indienne ! Nous avons donc assisté à la récréation et nous avons pu observer les différents jeux auxquels jouent les enfants. Ils adorent jouer aux billes et ont une façon très particulière de les lancer.
Ils jouent aussi avec une balle rebondissante qu'ils lancent en l'air et qu'ils essaient ensuite de rattraper. Enfin le sport favori des enfants est le cricket, un genre de base-ball, où le but est de frapper une balle avec une planche de bois pour l'envoyer le plus loin possible. Les filles, elles, aiment jouer à la corde à sauter et à la marelle. Nous avons essayé de parler avec les enfants mais ce fut très difficile car ils ne parlent que le tamoul. Nous avons alors demandé aux étudiants en informatique de traduire ce que l'on disait mais ils nous ont répondu qu'ils n'avaient pas le droit. En effet, l'anglais est si important en Inde qu'il est absolument indispensable de le parler pour réussir dans la vie professionnelle. Pour que les étudiants parlent bien anglais, les prêtres leurs interdisent de parler tamoul, ils ne doivent parler qu'anglais. S'ils sont surpris en train de parler tamoul, ils ont alors une amende à payer ! Cette mesure est très efficace car tous les étudiants parlent anglais et nous avons pu avoir avec eux de grandes discussions. Petit à petit nous avons fait connaissance avec beaucoup d'étudiants et des liens ont commencé à se tisser.
Vendredi La journée de vendredi fut bien remplie ! Nous avons commencé par rencontrer les écoliers d'une des deux écoles tamoules créées par le père Guezou.
Les enfants qui vont à cette école sont tous très pauvres contrairement à ceux que nous avions rencontrés dans l'école anglaise, qui sont un peu plus riches. Nous avons été très bien accueillis par la sœur directrice de l'école. Elle n'a pas hésité une seconde à répondre à nos questions et à nous apprendre pleins de choses. Elle nous a fait faire le tour de l'école puis elle nous a emmenés dans sa classe où les enfants nous attendaient.
Comme les enfants ne parlaient presque pas anglais c'est la sœur qui faisait la traduction en tamoul de ce que nous disions en anglais, et vice et versa. Nous leur avons posé pleins de questions et ils ont tous répondu très spontanément, avec beaucoup d'énergie ! A leur tour ils nous ont aussi posé des questions et comme la sœur traduisait très bien ce que nous disions, en y ajoutant une pointe d'humour, la discussion est très vite devenue un moment de partage très agréable et très drôle. Nous avons appris pleins de choses, que nous vous transmettrons en détails très bientôt ! En sortant nous étions très heureux, la communication s'était faite très facilement ! A présent nous savons que l'important n'est pas de trouver une école où les enfants parlent anglais mais de trouver une maîtresse qui puisse faire la traduction entre les écoliers et nous.
Nous avons passé la fin d'après midi avec les étudiants. Ils étaient d'une gentillesse extrême et très désireux d'en apprendre plus sur nous. En leur parlant nous avons senti que la plupart d'entre eux avait besoin de beaucoup d'attention. Malgré leur joie de vivre, nous sentions bien qu'au fond se cachait une grande fragilité. Nous n'étions que deux inconnus et nous avons eu l'impression de devenir leurs amis, presque des membres de leur famille. Ces étudiants sont totalement conscients de la chance qu'ils ont d'étudier dans ce centre et ils savent que tout cela est possible grâce au travail du père Guezou et aux dons de certains français. Le vendredi soir les étudiants ont le droit de sortir dans la rue pendant une demi-heure. Nicolas est donc allé au marché avec les étudiants garçons. Ils n'ont pas hésité à lui offrir de quoi manger malgré leur grande pauvreté ! Sixtine, de son coté, est allée dans le pensionnat des filles qui lui ont fait essayer un sari, la tenue traditionnelle indienne féminine. Un grand moment !!!
Tout ça pour dire l'infinie gentillesse avec laquelle ils nous ont traités. Nous n'oublierons jamais ce court séjour parmi eux. Le soir après le repas, certaines filles sont venues nous voir en nous disant « ne nous oubliez pas », « revenez nous voir ». Ce fut très émouvant et nous nous sommes promis d'essayer de les aider en rentrant en France. Lorsqu'on voit ce qu'un simple don peut changer ici, et l'immense reconnaissance qu'ont les enfants pour cela, on ne peut pas rester insensible.
Enfin vers 20h nous sommes allés dans le pensionnat des petites filles. Lorsque nous sommes arrivés, elles étaient toutes en train de finir leur repas, assises par terre dans un long couloir.
Toutes les filles nous ont ensuite rejoins dans une grande salle, assises devant nous, et ce fut le début d'un moment extraordinaire. Tant de sourires, de joie, de regards ! Tant d'émotions !
Nous avons beaucoup rit, nous avons essayé de répondre à toutes leurs questions et enfin les enfants ont fait une prière pour demander à Dieu de veiller sur nous, particulièrement concernant la longue journée de voyage qui nous attendait le lendemain. Il est impossible de vous décrire l'ambiance de cette rencontre, les mots nous manquent tellement nous avons été touchés par tant d'enthousiasme et de chaleur humaine... !
Le lendemain nous sommes partis des Yellagiri Hills à 4h du matin, pensant encore à toutes ces rencontres si fortes en sincérité et en générosité. Nous n'oublierons jamais ces enfants ni les religieux et les personnes qui s'en occupent. Ces enfants si pauvres et si seuls deviennent grâce au centre Don Bosco des jeunes instruits, bons et responsables, des jeunes dignes de confiance, des jeunes qui sont l'espoir pour des centaines d'autres pauvres souvent méprisés par la société.
Comment aider ces enfants ? Tout cela n'existerait pas sans le soutien financier de donateurs français. Chaque euro est dépensé dans le souci d'éduquer au mieux les enfants. Le centre Don Bosco ne vit que grâce aux dons et nous pouvons vous assurer la bonne utilisation des soutiens financiers reçus. Si vous voulez participez à l'éducation de ces enfants et combattre la pauvreté, l'exclusion sociale, la violence et l'illettrisme des gens des campagnes, vous pouvez vous aussi faire un don ou parrainer un enfant.
Pour plus d'informations visiter le site : www.guezou.org
Un grand merci au père Maria qui nous a si bien accueillis ainsi qu'à tous les frères et sœurs de sa communauté ! Merci à tous les enfants et à tous les étudiants pour tous ces moments magiques qui resteront gravés dans nos mémoires ! |


















